Briser la routine et toucher l’humain : un avant-goût de Luminato 2025
À la gare Union, on entend en temps normal le grondement des locomotives, le crissement des freins et les annonces sonores. Ce matin, les voix de centaines de choristes résonnent dans les couloirs de la station dans le cadre du spectacle Dawn Chorus du festival Luminato dont c'est l'ouverture aujourd'hui. Le Torontois Mitch Bundy prévoit de chanter dans la chorale Amadeus. Celle-ci et cinq autres chorales seront réparties dans les quatre coins du bâtiment avant de se rejoindre dans l'entrée principale pour chanter leur interprétation de Dawn Chorus, une chanson écrite par Thom Yorke, le chanteur de Radiohead. Selon Mitch Bondy, les paroles de cette chanson sont intimement liées au quotidien des résidents de métropoles comme Toronto. Il espère alors que le spectacle brisera la routine des résidents de la ville. Avec la vie de tous les jours, on est comme des petits robots. On peut oublier le côté humain de la vie. Le but du spectacle, c'est d'offrir un moment de surprise, un moment spontané pour tous les gens qui sont bien occupés et toujours à la vitesse. Le spectacle Nigamon/Tunai du festival, du jeudi 5 au samedi 7 juin au Ada Slaight Hall, fait aussi ressortir le côté humain des personnes. L'artiste anichinabée Émilie Monnet se joint à l'artiste Inga Waira Nina pour créer un pont entre l'hémisphère nord et sud. Émilie Monnet estime que les luttes des peuples autochtones d'un bout à l'autre sont identiques. Dans nigamon-tunai, l'artiste Anishinaabe Émilie Monnet se joint à l'artiste Inga Waira Nina pour créer un pont entre l'hémisphère nord et sud. Photo : Source: Festival Luminato / Marjorie Guindon L'œuvre Nigamon/Tunai est alors une façon pour les deux créatrices de montrer leur solidarité l'une envers l'autre et de pousser les spectateurs à la réflexion. L'énergie éolienne ou les voitures électriques, est-ce que c'est vraiment la solution pour mieux prendre soin de l'environnement? Quel est l'impact que ça a sur les habitants du sud? On est en train de consommer de la même façon. C'est juste qu'on passe d'une ressource à une autre. On n'est pas en train de changer notre façon de consommer. Le spectacle tisse ensemble le son, l'histoire et la cérémonie. La nature en est un élément central. Émilie Monnet maintient toutefois que l'œuvre est avant tout sonore. Waira Nina ajoute que la tortue se trouve aussi au cœur du spectacle d'une longueur d'une heure et demie. La nouvelle directrice artistique du festival Luminato, l'Australienne Olivia Ansell. Photo : Festival Luminato Ces deux événements correspondent parfaitement au thème du festival cette année, Jour : nuit. Le but est d'explorer comment les résidents de Toronto habitent la ville dans un cycle de 24 heures. Pour cela, l'événement inclut plus de 1000 artistes locaux et internationaux et 12 premières mondiales, entre autres. Cette année, elle veut faire le portrait des différentes personnes qui contribuent aux activités de la ville, qu'elles soient diurnes ou nocturnes. Les opérateurs de dépanneurs, les pompiers, les concierges, on raconte l'histoire de toute personne qui sillonne la ville. Nous avons des expositions qui commencent à sept heures du matin et d'autres qui sont ouvertes 24 heures par jour. Tout ça pour veiller aux bien-être et à l'endurance des Torontois qui coexistent dans un environnement de neuf à cinq. Mme Ansell ajoute que le festival a aussi pour but de briser l'isolement des résidents dans un contexte ou, malgré les réseaux sociaux et l'internet, ceux-ci paraissent si éloignés les uns des autres. Selon elle, Toronto est l'endroit parfait pour l'initiative. Il parle des moments du désespoir et de la vie monotone et du besoin d'avoir des moments de beauté dans la vie
, interprète Mitch Bondy.La protection de l'environnement
Partout il y a de l'extractivisme de compagnies minières, pétrolières, forestières
, dit-elle. Toutefois, l'Amazonie colombienne est une terre qui commence tout juste d'être déchiffrée. Maintenant, c'est le deuxième plus grand gisement de cuivre au monde et c'est là où vient la famille de Waira Nina.

C'est comme une forêt enchantée dans laquelle le public est invité
, décrit Mme Monnet. Il y a de vrais arbres, de l'eau, des instruments inventés aussi.
Chaque pierre a son chant propre à elle. On fait aussi résonner les voix des arbres et de l'eau. C'est d'entendre les sonorités qui ne sont souvent pas si audibles que ça, surtout dans la vie urbaine très occupée
, élabore-t-elle. La tortue, pour le peuple Inga, c'est la mère de l'eau, alors que pour le peuple Anichinabé et plusieurs peuples autochtones du nord, la terre a été créée sur le dos d'une tortue. Elle est importante dans les histoires de création des peuples autochtones des Amériques. Elle fait aussi référence à comment est-ce qu'on prend soin de l'eau
inculque Waira Nina. Passer de l'ordinaire à l'extraordinaire

Toronto est une ville à multiples facettes. Il y a un quartier financier, un quartier des spectacles, un quartier de l'ancien Toronto
, affirme Olivia Ansell, la directrice artistique de Luminato. Toronto a encore une vie nocturne vibrante malgré la pandémie et les problèmes socioéconomiques et la culture numérique qui ont changé les habitudes des résidents dans d'autres métropoles
, dit-elle. Elle espère que cette 19e édition du festival permettra aux Torontois de découvrir leur ville sous un nouveau jour et de sortir de l'ordinaire, ne serait-ce que pour un bref instant.
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